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jan
24

COMMUNIQUÉ DE PRESSE:Franck Margain (UMP) sera candidat contre la gauche et face à Charles Beigbeder, désormais officiellement investi par l’UMP dans le 12ème arrondissement de Paris.

Ce mercredi 11 janvier 2011, la commission nationale d’investiture de l’UMP a décidé de parachuter Charles Beigbeder dans la 8ème circonscription de Paris (12ème arrondissement). Refusant cette mascarade et comme il l’avait annoncé, Franck Margain, Conseiller Régional UMP, maintiendra donc sa candidature en se présentant aux législatives.

L’UMP se ridiculise une fois encore en ayant recours à des pratiques maintes fois rejetées par les électeurs et qui ne conduisent qu’à la défaite. Les exemples médiatiques de Martinon à Neuilly, de Jean Sarkozy à l’EPAD ou bien d’Arno Klarsfeld et de Jean-Marie Cavada dans le 12ème ne suffisent-ils pas ?

En parachutant les amis de son Secrétaire Général, l’UMP n’apparait plus que comme une « Union » d’apparatchiks. Elle n’est d’ailleurs plus non plus un « Mouvement » lorsqu’elle choisit d’aller contre le sens de la modernité démocratique en refusant l’organisation de primaires pour départager loyalement plusieurs candidats à l’investiture. Enfin, l’UMP n’est plus « Populaire » lorsqu’elle investit un milliardaire dans un quartier modeste de la capitale, s’éloignant encore plus des classes moyennes qui attendaient pourtant beaucoup des élus de droite.

Une large majorité des militants UMP locaux a déjà fait savoir à Franck Margain qu’ils le soutiendraient, ne supportant plus d’être méprisés élections après élections par les dirigeants de leur parti.

Franck Margain souhaite donc un bon atterrissage à Charles Beigbeder dans le 12ème arrondissement, espérant que la chute ne sera pas trop brutale quand même, sachant par avance que les habitants de cette circonscription le renverront très vite dans son jardin du 16ème arrondissement.

sept
18

« Nous sommes les dissidents du nouveau siècle! »

L’Université d’Été du Parti Chrétien-Démocrate, la première d’une série qu’on souhaite longue, s’est tenue le week-end dernier à Lyon-Valpré.  Les tables rondes, animées par l’esprit vif de notre Directrice d’Etudes, Marie-Joëlle Guillaume, ont réuni des personnalités d’horizons politiques et professionnels divers et sont venues nourrir ou consolider le projet politique porté par Christine Boutin lors de sa candidature aux présidentielles de 2012.

Pour ne citer que quelques uns des intervenants qui nous on fait le bonheur de partager ces deux jours avec nous: dans le « volet »   »Education et famille », Marc Le Bris a rappelé l’enjeu idéologique que sont devenus les programmes scolaires depuis les années 1970, les batailles pour leur conception menant souvent à des choix malheureux, tel la « méthode globale » d’apprentissage de la lecture au détriment de la « méthode alphabétique ».  Hervé Mariton, député UMP de la Drôme, a parlé de son combat au sein de la majorité présidentielle pour contrer certaines initiatives telles le refus du quotient familial au nom des droits de la femme et faire valoir combien la rupture familiale et l’atomisation sont source de pauvreté.  La table ronde « Capitalisme financier, entreprise et respect du travail » à réuni, entre autres, Pierres-Yves Gomez, directeur de l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises, et Jospeh Thouvenel, Secrétair Général adjoint de la CFTC.  L’après-midi, la salle a vibré devant l’intervention pleine de sensibilité de l’écrivain Rodolphe Clauteaux ( « le but du libéralisme est de créer de la richesse, et celui de l’ultra-libéralisme, de créer de la misère »), et s’est retrouvée en communion avec la philosophe Fabrice Hadjadj et sa réflexion sur notre époque placée sous le signe de l’éphémère, du « refus du temps long », qui est au fond un « refus de la culture et du politique ».

Dimache matin, « les Frances » se sont rencontrées en la personne de Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly (92), nous faisant part de sa vision sur la stratégie des entreprises françaises dans la mondialisation, et de Xavier Lemoine, maire de Montfermeil (93), ville-modèle pour ses mesures d’intégration réussie.

Rappelant les fondements de son programme politique ainsi que ceux de la démocratie chrétienne, le discours de clôture de Christine Boutin est venu couronner ces deux journées de réflexion politique et d’amitié, en renouvelant, par ses accents parfois révolutionnaires, en chacun de nous la volonté de nous engager à ses côtés.

L’équipe de campagne de Christine Boutin – moyenne d’âge: 29 ans!

juin
05

Lettre ouverte de Christine Boutin à Luc Chatel sur le Gender (31/05/2011)

La Présidente

Paris, le 31 mai 2011

 

Monsieur le Ministre,

Je tiens à vous exprimer mon indignation et ma vive inquiétude face au contenu des nouveaux livres de « Sciences de la Vie et de la Terre » des classes de premières ES et L. Je constate en effet que les élèves de ces classes recevront dans cette matière un enseignement directement et explicitement inspiré de la théorie du genre.

Comment cela est-il possible ? Comment ce qui n’est qu’une théorie, qu’un courant de pensée, peut-il faire partie d’un programme de sciences ? Comment peut-on présenter dans un manuel, qui se veut scientifique, une idéologie qui consiste à nier la réalité : l’altérité sexuelle de l’homme et la femme ? Cela relève de toute évidence d’une volonté d’imposer aux consciences de jeunes adolescents une certaine vision de l’homme et de la société, et je ne peux accepter que nous les trompions en leur présentant comme une explication scientifique ce qui relève d’un parti-pris idéologique.

Monsieur le Ministre, nous ne pouvons accepter que l’école devienne un lieu de propagande, où l’adolescent serait l’otage de préoccupations de groupes minoritaires en mal d’imposer une vision de la «normalité » que le peuple français ne partage pas.

Je vous appelle également à entendre l’inquiétude de nombreux parents d’élèves qui voient l’Etat tenter d’inculquer à leurs enfants une conception particulièrement contestable de l’homme, de la sexualité et de la société. L’Education nationale ne doit pas outrepasser sa mission, qui est d’instruire dans la neutralité des valeurs républicaines et le respect des croyances des élèves et de leurs familles, et non d’enseigner, en leur conférant un statut pseudo-scientifique, des théories sur l’être humain et sa sexualité.

Au nom du respect de la liberté de conscience des familles et de la responsabilité des parents en matière d’éducation affective et sexuelle de leurs enfants, je vous demande donc d’intervenir et de faire en sorte que la théorie du genre ne soit pas enseignée dans des cours de sciences.

Aujourd’hui, je demande que les nouveaux livres de SVT soient retirés et corrigés pour être en conformité avec les instructions que vous aviez vous-même données dans le Bulletin Officiel de l’Education Nationale du 30 septembre 2010 : « Dans une optique d’éducation à la santé et à la responsabilité, il s’agit de comprendre les composantes biologiques principales de l’état masculin ou féminin, du lien entre la sexualité et la procréation. »

 Monsieur le Ministre, je souhaite que nous puissions nous rencontrer rapidement afin d’aborder ce sujet ensemble. Je ne manquerai pas de me faire l’écho de votre position sur ce sujet capital : vous conviendrez que celle-ci aura une influence déterminante sur les choix que les citoyens français seront amenés à poser lors des scrutins qui s’annoncent dans quelques mois.

Comptant sur votre attachement au respect de la liberté de conscience, je vous remercie pour votre réponse et vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

 Christine Boutin

Ancien Ministre

mai
17

Autorisation de la recherche sur l’embryon : le PCD dénonce une démission politique des députés

Les députés, réunis hier en Commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi relatif à la bioéthique, se sont prononcés en faveur de l’autorisation encadrée de la recherche sur l’embryon, alors qu’ils étaient restés en première lecture à une interdiction sous dérogations.

« J’appelle les députés à la cohérence et à la clarté : soit l’être humain est digne de respect, soit il ne l’est pas. Car le fait que l’embryon humain soit un être humain dès la fécondation n’est pas une opinion mais une réalité anthropologique, déclare Christine Boutin, Présidente du Parti Chrétien-Démocrate. Cessons l’hypocrisie et la malhonnêteté intellectuelle ! Pourquoi encadrer la recherche sur l’embryon si celle-ci ne pose aucun problème éthique ? Osons dire clairement que l’être humain peut être utilisé comme un matériau de recherche, que l’usage et la destruction d’êtres humains pour servir les progrès de la science est justifiable, que la valeur de la vie humaine est moindre par rapport à certains intérêts scientifiques ou économiques. Osons reconnaitre que nous refusons aujourd’hui la philosophie des droits de l’homme, car ce sont des droits fondamentaux des êtres humains qui sont ici transgressés. Entrons plus profondément encore dans la civilisation de la barbarie ! » 

« Il est trop facile de décréter l’utilité des embryons sans jamais démontrer leur indignité, conclut Christine Boutin. Il faudrait logiquement prouver que l’embryon n’est pas un être humain digne de respect, dignité qui lui est reconnue par le droit, avant de revendiquer son utilisation comme matériel de recherche. »

Le PCD appelle les députés à réagir fortement lors des discussions qui auront lieu en séance le 25 mai prochain, en s’opposant à l’autorisation de la recherche sur l’embryon et en encourageant le développement des méthodes alternatives telles que la recherche sur les cellules souches adultes et sur le sang de cordon ombilical.

avr
17

Christine BOUTIN réagit à la présentation du projet de Dominique de Villepin « Avec son revenu citoyen, j’ai cru que Villepin m’avait plagié… Mais il fait l’erreur d’opposer citoyenneté et justice ! »

Etant porteuse depuis 2003 (dans son rapport à Jean-Pierre Raffarin : « Pour sortir de l’isolement, un nouveau projet de société ») de l’idée de Dividende Universel, versé de manière inconditionnelle à tous les citoyens, pour moderniser notre protection sociale, Christine BOUTIN note avec plaisir que d’autres responsables politiques avancent aujourd’hui dans le même sens.

Fixé à 400€ pour les adultes et 200€ pour les enfants, le Dividende Universel est un socle inconditionnel qui marque l’appartenance à la Nation et assure à tous de ne jamais tomber dans l’extrême précarité. Le financement est assuré par la disparition de nombreuses allocations existantes et par un ajustement de la fiscalité.

« Il y a un point d’accord avec Villepin : on doit faire un électrochoc et sortir des mesurettes ! » souligne la Présidente du Parti Chrétien-Démocrate.

« Par contre, Villepin fait une grave erreur : il prône la citoyenneté mais il oublie la justice. En fixant son revenu citoyen à 850€, et non comme le PCD à 400€, il encourage l’oisiveté et discrédite le goût de l’effort. »

Christine BOUTIN rappelle en effet : « la justice c’est deux choses qui doivent rester liées : assurer à chacun de ne pas être sans rien, mais valoriser et encourager l’effort… l’erreur de Villepin c’est d’être injuste envers les classes moyennes et donc de construire une société sans dynamisme».

« Derrière une bonne analyse, il y a plus qu’un problème de curseur : Villepin confond la justice et l’assistanat; je l’incite à continuer à travailler ! » conclut Christine BOUTIN.

avr
10

Amendement PS / Verts au Sénat : le PCD dénonce un détournement du sens de l’assistance médicale à la procréation (08/04/2011)

Le PCD réagit au vote hier au Sénat d’un amendement PS/Verts visant à élargir l’assistance à la procréation aux femmes homosexuelles.

« Nous ne pouvons pas parler d’un élargissement de l’assistance médicale à la procréation, déclare Christine Boutin, Présidente du Parti Chrétien-Démocrate : en effet, nous ne nous situons plus ni dans le domaine de l’assistance, ni dans le domaine médical. Dans le cas d’un couple homosexuel, les personnes ont une sexualité qui ne leur permet pas d’avoir d’enfants. On ne peut donc pas parler d’assistance pour ces personnes, puisqu’il ne s’agit pas, comme pour un couple hétérosexuel, d’accompagner ou de favoriser un processus qui devrait s’effectuer naturellement, mais d’entrer dans une démarche totalement artificielle. On n’assiste pas, on crée ! L’union d’une femme et d’une femme ne donnera jamais un enfant. »« L’AMP existe pour répondre à une infertilité médicale, à une impossibilité physique pour un couple d’avoir un enfant, poursuit Christine Boutin. Décider de l’ouvrir à des personnes qui ont une sexualité détachée de la procréation revient à changer son rôle et sa signification. Elle n’est plus une réponse à une difficulté d’ordre médical, elle devient un moyen de légaliser l’homoparentalité, d’en faire une norme. Elle touche alors à une question de fond, à notre conception de l’homme et de la société. Nous ne pouvons accepter une telle confusion entre des domaines totalement différents.»

« Plusieurs sénateurs déclarent que cet amendement va dans le sens de la réalité française et justifient par là son bien-fondé. Mais devons-nous absolument aller dans le sens de tout ce qui se produit dans notre société, devons-nous accompagner tous les bouleversements qu’elle connaît ? C’est absurde : certaines transformations de notre société sont tout simplement néfastes et la loi ne doit en aucun cas les encourager, » déclare la Présidente.

Le PCD tient à saluer l’opposition du gouvernement à cet amendement, tout particulièrement les propos du Ministre de la Santé Xavier Bertrand, qui a souligné la modification que cet amendement entraine de « la frontière entre le médical et le sociétal ». Il tient également à affirmer qu’il restera extrêmement vigilant sur ce sujet, qui devrait être discuté à nouveau au Sénat dans les semaines à venir.

avr
03

2012 : Le Parti Chrétien-Démocrate a fait son choix (02/04/2011)

Les cadres du Parti Chrétien-Démocrate se sont retrouvés, samedi 02 avril, autour de leur Présidente Christine Boutin lors du Conseil National.

La matinée fut l’occasion pour le PCD de faire un point sur son projet politique en cours d’élaboration. Pierre Manent, directeur d’études à l’EHESS, est intervenu sur le thème : « La crise du politique dans une société libérale ».

Au cours de l’après-midi, et à la suite d’un vote entre deux motions, les conseillers nationaux se sont massivement exprimés sur la nécessité d’une candidature PCD à la prochaine échéance présidentielle.

Pour Christine Boutin, Présidente du PCD, une stratégie de candidature unique pour la droite et le centre serait irresponsable. Comme elle l’explique : « Si la France cherchait en 2007 un homme énergique et de rupture, elle ne regardera pas l’échéance de 2012 sans avoir les yeux ouverts et la mémoire vive. C’est dans ce sens que s’inscrit la pertinence d’une candidature soutenue par le Parti Chrétien- Démocrate. »

Soucieux de créer une nouvelle dynamique, le PCD se propose de « fédérer les intelligences et les énergies » et engage dès à présent des rapprochements avec d’autres formations politiques telles que le CNIP ou encore France Ecologie. Jean-Louis Borloo, Président du Parti radical, a également fait une apparition au cours de la journée.

« Nous voulons porter nos valeurs pour le 21ème siècle ; parce que ces valeurs sont fondamentales ; qu’elles correspondent pleinement aux adaptations nécessaires pour notre pays dans le cadre de la mondialisation et aussi parce qu’elles répondent à la désespérance qui fait la triste marque de fabrique de la France actuelle ».

mar
29

Cantonales 2011 : « Les électeurs cherchent une droite cohérente et porteuse de valeurs. » (28/03/2011)

Suite au second tour des élections cantonales, le Parti Chrétien-Démocrate constate le rejet inquiétant des candidats soutenus par l’UMP et se félicite des bons scores obtenus par ses candidats.

Pour Christine Boutin, Présidente du Parti Chrétien-Démocrate, ces résultats illustrent « un désenchantement dans l’opinion publique. Les électeurs cherchent une droite cohérente et porteuse de valeurs. Une droite qu’ils ne retrouvent plus dans l’UMP. »

Olivier de La Faire, candidat PCD dans les Yvelines a ainsi été élu hier soir face au candidat investi par l’UMP. « A l’image de nos candidats lors de ces cantonales, Olivier de La Faire, incarne un renouveau politique fort. Il a éliminé le Front national au premier tour et l’UMP au second tour : un exemple qui devrait faire réfléchir. »

Le Parti Chrétien-Démocrate, qui présentait pour la première fois des candidats lors d’une élection cantonale (26 titulaires et 9 suppléants), a vu 10 de ses candidats titulaires se maintenir au second tour. Trois d’entre eux ont été élus hier soir : Olivier de La Faire (78), et Alphonse Schwein et Pierre Faynot (51). Le FN, quant à lui n’a eu que deux élus. Malgré le tapage médiatique fait autour de ce parti, il s’avère donc que le PCD a plus d’élus que lui. Les trois élus du PCD ont d’ailleurs battu le FN au premier et au second tour.

« Je tiens à féliciter particulièrement tous les candidats PCD, vainqueurs et vaincus, qui ont défendu lors de ce scrutin les valeurs humaines et sociales du Parti Chrétien-Démocrate » a déclaré Christine Boutin.

mar
21

Cantonales 2011 : Plus d’un tiers des candidats PCD au second tour (21/03/2011)

Le Parti Chrétien-Démocrate a présenté pour la première fois des candidats lors d’une élection cantonale à l’occasion de ce scrutin. 26 candidats (et 9 suppléants) ont ainsi défendu les couleurs du PCD.

Au lendemain du premier tour, dans un contexte de crise internationale et avec une participation historiquement faible, le PCD dresse un premier bilan, très positif. Plus d’un tiers des candidats PCD sont ainsi sélectionnés pour le second tour :

Charles-Henri JAMIN, canton de Saumur-Sud (49)

Jean-Marc ROZE, canton de Reims-3 (51)

Pierre FAYNOT, canton de Châlon-en-Champagne-3 (51)

Alphonse SCHWEIN, canton de Beine-Nauroy (51)

Marc BERTHELOT, canton de Brest-Saint-Marc (29)

Marie LAURENT, canton de Brest-Lambézellec (29)

Emmanuelle MONNIER, canton de Brest-Kerichen (29)

Olivier DE LA FAIRE, canton de Versailles Nord-Ouest (78)

Michel GIRAUDEAU, canton de Ligueil (37)

Concernant les autres candidats qui n’accèdent pas au second tour, certains ont recueilli plus de 10 % des suffrages exprimés.

Pour Christine Boutin, Présidente du Parti Chrétien-Démocrate, ces résultats sont de très bon augure pour la suite : « Les bons scores de nos candidats, certains se présentant pour la première fois, illustrent la pertinence de ces candidatures chrétiennes-démocrates. Il faut aussi noter que sur les circonscriptions où les candidatures à droite ont été multiples, les scores du FN ont été bien inférieurs à la moyenne nationale. »

mar
16

L’économie sociale, complément ou alternative au libéralisme?

Dans le cadre de sa série de conférences appelée à nourrir une réflexion sur les nouvelles formes de fraternité, Le Cercle des Sarments a eu la joie d’accueillir mardi 8 mars François Soulage, président du Secours Catholique, ancien Ministre au Plan et à l’Aménagement du territoire, ancien Ministre délégué à l’action sociale et ancien conseiller technique de Michel Rocard.

En introduction, M. Pierre Valentin, Directeur Financier au Crédit Coopératif, a rappelé les fondamentaux de l’économie sociale. Discipline apparue au début du 20e siècle, l’économie sociale a pour principal théoricien Charles Gide (l’oncle d’André Gide), et, à la différence de l’économie politique, elle se propose d’intégrer les valeurs de justice, de vie meilleure et d’amélioration des rapports humains dans l’activité économique. Tout en se conduisant d’après les lois marchandes, elle affirme la prééminence du facteur humain sur le capital. Entreprises d’économie sociale, les associations, les coopératives, les mutuelles, ont en commun cette approche particulière du profit (« excédent de gestion ») qui ne peut être redistribué aux membres (sauf dans le cas des coopératives, où un certain plafond ne peut néanmoins être dépassé). Respectant la notion de résultats impartageables, l’accumulation de capital est mise au service du développement de la structure ou d’une œuvre d’intérêt général. Cette approche suppose la volonté d’engagement au service d’une cause commune de la part des membres-associés, qui apportent capitaux et travail sans pouvoir bénéficier des surplus, qui ne sont redistribués même en cas de liquidation de l’activité. 10% des employés français travaillent à l’heure actuelle dans des entreprises d’économie sociale, dont 80% se trouvent dans le secteur agricole, le reste étant des mutuelles santé ou des entreprises d’assurance. Par ailleurs, 90% des établissements dédiés aux personnes handicapées et 45% des maisons de retraite sont des structures associatives; quelques chiffres encore: 56% des économies des français sont placés dans des banques coopératives; 26% des emplois dans le secteur commercial sont créés par des commerces associés comme Leclerc et le Système U, ainsi 20% des emplois dans l’éducation, les écoles privées étant des structures associatives. Il n’en reste pas moins que peu d’entreprises coopératives se créent dans le secteur industriel, vu l’inexistence du principe de rémunération de la prise de risque, base de l’enrichissement des investisseurs. En tout, au niveau de l’Union Européenne, 7% des emplois sont enregistrés dans des entreprises d’économie sociale.

François Soulage s’est attelé ensuite à éclaircir les interrogations qui se posent à l’économie sociale, et particulièrement la question de savoir si elle peut constituer un complément ou une alternative au libéralisme. De par son utilisation spécifique du capital, l’entreprise d’économie sociale peut constituer une alternative au capitalisme, sont but étant de produire des biens et des services en faisant la meilleure utilisation possible des facteurs de production et en appliquant donc une rémunération limitée du capital, à la différence de l’entreprise « classique », dont le but est rentabiliser les capitaux mis à sa disposition. Elle ne s’oppose pas pour autant au libéralisme, se situant à l’intérieur de l’économie de marché, qui permet l’existence de formes d’entrepreneuriat diverses et variées.

A partir de la notion de fraternité, M. Soulage a rappelé la nature du statut des personnes dans l’économie sociale. Il considère restrictive la définition selon laquelle les entreprises d’économie sociale répondent uniquement aux besoins auxquels le marché répondrait mal, en invoquant les chaînes de supermarchés Leclerc et Carrefour, qui répondent tout aussi efficacement aux besoins du secteur commercial. Si cette définition peut être vraie dans le cas de certaines associations qui se positionnent dans des secteurs concurrentiels, mais sur des créneaux qui n’intéressent pas le marché (comme, par exemple, le tourisme social), les entreprises d’économie sociale restent des modalités différentes de gestion d’un besoin social. Dans une société qui joue l’individualisation à outrance, elles représentent des modes de gestion collective et une modalité d’assumer des risques qui ne s’inscrivent pas dans la norme culturelle. Les formules des coopératives mutualistes, par exemple, réussissent parce qu’elles supposent une mise en commun des capitaux et du travail qui représente une manière d’être présent sur le marché plus intéressante pour les associés. Et M. Soulage de citer le cas de la Northern Rock, une ancienne coopérative de prêt hypothécaire (« building society ») qui, après avoir changé son statut pour devenir une SA, se lance dans une course aux bénéfices afin de maintenir le cours élevé de ses actions et pouvoir ainsi rémunérer ses actionnaires, ce qui l’emmène, la crise aidant, à la faillite.

M. Soulage a également attiré l’attention sur le péril de marchandisation des entreprises d’économie sociale, dans la foulée de la tendance actuelle de désengagement des pouvoirs publics qui renoncent à leurs fonctions dans les services d’intérêt général, et ce à travers une mise en concurrence qui, affirme M. Soulage, n’est pas rendue obligatoire par le Traité de Lisbonne. Cette recherche du meilleur prix se fait au détriment de la qualité du service, d’où le débat que les défenseurs de l’économie sociale portent avec le pouvoir public afin que celui-ci intègre dans ses appels d’offre des indicateurs de qualité.

Une autre dimension de la marchandisation fait que, si auparavant les pouvoir publics accordaient des subventions aux associations afin que celles-ci assurent un certain service, aujourd’hui les aides aux financement qui sont accordées aux personnes sont conditionnées par un seuil du pouvoir d’achat, ce qui mène à encore plus d’exclusion sociale.

Finalement, un autre défi qui se pose à l’économie sociale est celui de l’instrumentalisation du monde associatif par les pouvoirs publics, qui accordent des subventions afin que celui-ci réponde à un besoin identifié par le pouvoir local, et non plus pour mettre en œuvre son propre projet associatif. Les associations deviennent ainsi des instruments de la politique publique; pour ce qui est de la lutte contre l’exclusion, au lieu de rester des travailleurs sociaux, elles deviennent des prestataires, ce qui constitue, selon M. Soulage, une dérive en termes de citoyenneté.

Pour conclure, François Soulage a rappelé ce défi idéologique qui consiste à démontrer que par la mutualisation des moyens et des risques on arrive à bien répondre à un besoin social au meilleur prix, et que les entreprises d’économie sociale font des bénéfices qui sont employés selon une logique d’intériorisation, afin d’assurer le développement continu de l’entreprise. Elles restent malgré tout confrontées au défi du financement, car, sans rémunérer la prise de risque, elles sont obligées de se cantonner dans des secteurs d’activité où il n’est pas nécessaire de mobiliser des capitaux à risque. La loi sur les coopératives de 1992, qui leur permet de distribuer tous les ans la moitié des résultats, vient palier partiellement à ce défaut, ainsi que la tendance des entreprises d’économie sociale de créer des filiales « sarl » ou « sa » pour mobiliser du capital.


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